Période d'activité

Le site des Portes de l’Orne est un ancien fleuron de la sidérurgie Lorraine caractérisé par l’usine de Rombas et ses 8 hauts fourneaux (Portes de l’Orne amont) et par l’usine de Gandrange et sa cathédrale d’acier de plus de 80m de haut (Portes de l’Orne aval). A leur apogée, elles permettaient la production de 5,2 millions de tonnes d’acier par an et faisaient travailler environ 13 000 personnes. De cette immense structure dont l’histoire commence dans les années 1880-90, il ne reste aujourd’hui plus que le LCB et ses 300 employés


LES MINES DE FER

Mine de fer de Sainte Marie aux Chênes Il est impossible d’évoquer l’histoire de l’usine de Rombas sans parler de celle des mines de fer de Lorraine. Si le minerai de fer fut exploité depuis plusieurs siècles en Lorraine, le développement des mines (usines) est lié à la découverte d’une nouvelle technique d’affinage de la fonte phosphoreuse. En effet, dans les années 1855, la fabrication de l’acier initialement réalisée à partir de la fonte au bois est remplacée par de la fonte au coke. Le procédé Bessemer (transformation de la fonte en acier au moyen d’un courant d’air violent passant au travers de la fonte liquide introduite dans une cornue métallique) alors utilisé n’est pas compatible avec le minerai de fer Lorrain (« minette ») pauvre en fer (30/35%) et riche en phosphore.

Mine de fer de Sainte Marie aux Chênes (extrait du livre le monde de l’usine Rombas de Jean Jacques SITEK)

En 1877, Syndney Thomas et Percy Gilchrist déposent un brevet sur le traitement des fontes phosphoreuses applicable à la « minette » de Lorraine (sorte de perfectionnement du procédé Bessemer avec emploi d’un revêtement basique (dolomie) et introduction de chaux dans la fonte liquide). Ce brevet passe dans le domaine public en 1893.

Cette nouvelle technologie signe le lancement de l’exploitation du potentiel minier de la Lorraine et la construction d’usines sidérurgiques complètes.

L’USINE DE ROMBAS

De sa naissance à sa mort

L’usine de Rombas (sur le site du Moulin Neuf), est construite à l’initiative de la société allemande ROMBACHER HÜTTENWERKE à partir du printemps 1889. Initialement usine à fonte, suite à la mise en service de sept hauts fourneaux entre 1890 et 1902, elle deviendra une aciérie exploitant le procédé Thomas dès 1900. Suivront, en 1902, l’exploitation de la cimenterie Portland, des laminoirs à pater et de l’usine à gaz (alimentant une centrale électrique destinée aux installations, aux villes et villages de la région y compris Metz). Puis en 1903, l’aciérie Martin est mise en marche. Est alors née l’usine de Rombas venant marquer le paysage pour des décennies autant par sa monumentalité et son architecture que par les fumées qui en émanent.

Vue panoramique de l’usine de Rombas (1903) (extrait du livre du Jean Jacques SITEK)

En 1913, l’usine arrive en tête de la production lorraine d’acier. Elle emploie alors plus de 4 000 ouvriers et cadres et plus de 1000 mineurs.

Pendant la 1ère guerre mondiale, l’usine de Rombas, alors Allemande, est intégrée à l’économie de guerre. Le déficit en personnel lié à la mobilisation est compensé par l’arrivée de prisonniers de guerre russes, de retraités, de femmes voire d’adolescents. Permettant ainsi à l’usine de maintenir les ¾ de sa production.

Dès 1917, la croissance des besoins en acier nécessite l’agrandissement de l’usine. Une aciérie Martin et une aciérie Thomas supplémentaires sont construites.

En 1919, l’usine fut mise sous séquestre en attente de la revente au groupe Petiet, aux aciéries de Marine-Homécourt et à la maison Schneider qui formeront dès 1920, la Société Lorraine des Aciéries de Rombas.

Les décennies 1920-1940, sont marquées par d’importants travaux de modernisation.

Le huitième haut fourneau dont la construction avait été initiée en 1917 est mis en service en 1920. Les hauts fourneaux 1 à 4 sont modernisés ainsi que les aciéries.

C’est également le début des exportations avec notamment la construction en 1933, d’un un port privé.

Le haut fourneau n°8 (extrait du livre le monde de l’Usine Rombas JJ SITEK)

En 1939, les usines mettent leur puissance de production à la disposition du pays pour la guerre jusqu’en mai 1940. L’usine est ensuite réquisitionnée par l’armée allemande, mais la production ne dépassera pas les 10,5% de sa capacité totale.

A l’issue de la guerre, les installations sont en mauvais état et ont besoin d’être modernisées. Après des travaux de modernisation et la création de SIDELOR en 1951, le site industriel de Rombas connait son apogée. En 1964, l’usine sidérurgique, s’étend sur 2,4 km et 142 ha, crassier non compris.


Vue de l’usine dans les années 60 (extrait de la collection mairie de Rombas)

Vue d’ensemble de l’usine de Rombas (1957) (collection Maire de Rombas)

Vue du site 1957 (extrait collection Rombas)

Le groupe Wendel Sidelor est créé en 1968.

L’aciérie Martin qui était devenue vétuste est fermée en février 1969.

De 1968 à 1970, furent reconstruits et rénovés la totalité des hauts fourneaux présents sur le site permettant d’atteindre une production de 2,2 million de tonnes annuelle (1,2 millions de tonnes avant travaux).


Vue aérienne de l’usine en 1969 (collection mairie de Rombas)

La cimenterie Portland est vendue en 1970.

A partir de 1971, les usines de Rombas et de Gandrange sont regroupées dans la filiale SACILOR (Société des Aciéries de Lorraine) qui avait été créée en 1964 pour permettre la construction de l’aciérie de Gandrange. Les deux trains 6 et 7 furent arrêtés dès octobre 1971.

En 1973, Wendel Sidelor absorbe sa filiale SACILOR et prend son nom.

Vue du site en 1974 (extrait du livre le monde de l’Usine Rombas JJ SITEK)

L’agglomération Smidt cesse toute fonction en novembre 1974.

L’usine de Rombas perd sont aciérie Thomas fin 1977, son train à palplanches et ses blooming passent en discontinu en 1979.

De 1976 à 1981, de 8 hauts fourneaux, l’usine de Rombas n’en compte désormais plus que deux (le R5 et le R6), mais uniquement le temps d’achever la modernisation du R7 qui entraîna leur fermeture en avril 1982. Six hauts fourneaux sont détruits. Deux subsistent, mais seul le R7 reste en fonctionnement, le R5 étant en attente de rénovation.


Les deux derniers hauts fourneaux du site (1991) (extrait du livre le monde de l’Usine Rombas JJ SITEK)

L’usine perd encore plusieurs installations en 1983 dont son train de 3 laminoirs et son moulin à scories.

UNIMETAL, filiale des usines à produits long du groupe USINOR-SACILOR fut créée fin 1984.

Le 1er janvier 1988, l’usine à fonte fut séparée du reste d’UNIMETAL avec la création de LORFONTE. Et 1993 signe l’arrêt du dernier train à palplanches (juillet), mais également des ateliers de parachèvement.

En décembre 1994, Lorfonte devient Sollac Orne Fensch.

Les deux derniers Hauts fourneaux s’éteignent en 1998 avant d’être démantelés.

La crise économique des années 80, la mise en service des usines de Fos sur mer et de Dunkerque eurent raison du site de Rombas devenu obsolète et pas assez producteur.


(Collection Mairie de Rombas)

SON FONCTIONNEMENT

L’usine d’agglomération

Arrivé à l’usine, le minerai est concassé puis criblé. Des bandes transportent ensuite directement les morceaux de 25-80 mm aux accumulateurs des hauts fourneaux et les fines vers les ateliers d'agglomération de minerai. Les agglomérés repris par bande ou chaîne transporteuse sont dirigés vers les accumulateurs des hauts fourneaux. Rombas reçoit tout son coke de l'extérieur par trains de wagons particuliers circulant sur la voie SNCF. Les Houillères de Lorraine sont le fournisseur principal, mais des tonnages importants arrivent également du Nord de la France, de la Ruhr et de la Hollande.

Les hauts fourneaux

Huit hauts fourneaux placés sur une ligne étaient présents sur le site de Rombas. Ils permettaient la production de fonte, de gaz et de laitiers à partir de coke et de minerai provenant des mines situées à moins de 30 kilomètres. En sortie de four, la fonte est dirigée à l’aide d’un pont roulant vers le mélangeur de l’aciérie. Les gaz issus de la combustion du coke servent à faire fonctionner le haut fourneau, à fabriquer de l’électricité et à chauffer les fours Martins et les fours de réchauffage en amont des laminoirs. Enfin, le laitier est en partie utilisé en cimenterie ou briquerie.

Carte postale représentant les huit hauts fourneaux (extrait collection mairie de Rombas)

Les aciéries :

> L’aciérie Thomas :

Elle est mise en service en décembre 1931. Elle comprend 7 convertisseurs de 30 tonnes.

Dans le convertisseur, la fonte est transformée en acier par l’insufflation d’air sous pression et de chaux.

La scorie issue de l’ajout de chaux est utilisée comme engrais.

Après affinage, l'acier est coulé en poche, puis en lingotières. Les lingots obtenus sont ensuite dirigés vers les laminoirs.


Photo de l’aciérie Thomas en 1931 (extrait du livre le monde de l’usine Rombas de Jean Jacques SITEK)

> L’aciérie Martin :

Dans le procédé Martin, l'acier est obtenu en fondant dans un four à sole de la fonte et de la ferraille. Rombas possède 4 fours Martin de 25 tonnes élaborant toutes les qualités d'acier au carbone ainsi que les aciers spéciaux.

Coulée Martin (extrait du livre le monde de l’usine Rombas de Jean Jacques SITEK)

> L’aciérie électrique :

Un four électrique de 30 tonnes a été mis en service en 1938. Il est installé au bout de l'aciérie Thomas qui l'alimente en acier liquide, le four marchand en "duplex".

> Les laminoirs :

Le laminage a pour but de modifier la forme des produits sidérurgiques. Cette transformation résulte de passages successifs du lingot ou du demi-produit entre deux cylindres tournant en sens inverse l'un de l'autre et dont l'action entraîne la barre en même temps qu'elle lui imprime augmentation de longueur et réduction et modification de section. Les lingots provenant de l'aciérie sont réchauffés dans des fours Pits. Les lingots sont d'abord dégrossis au blooming. A la sortie du blooming, les blooms obtenus sont dirigés vers les différents trains. Les gros trains (trains 1 et 2) et les trains moyens (trains 4 et 5) laminent directement à partir de blooms, avec ou sans réchauffage, des produits finis. Les trains continus 3 et 3a laminent, également à partir des blooms, des billettes qui, après réchauffage, alimentent les petits trains (6,7,7a et 8). Après laminage, les produits sont refroidis, dressés, coupés à longueur et, s'il y a lieu, parachevés. Enfin, le finissage, long de 500 mètres avec ses 9 halles desservies par 25 ponts roulants, permet de trier et de stocker 150 000 tonnes de produits laminés et d'assurer le chargement sur wagons de toute la production.

Le train n°2 (extrait du livre le monde de l’usine Rombas de Jean Jacques SITEK)

L'USINE D'AGGLOMÉRATION DE ROMBAS

En décembre 1959, l’usine de Rombas est dotée d’une première agglomération (installation sidérurgique servant à rendre le minerai de fer apte à son utilisation dans un haut fourneau) dite Smidth, une seconde suivra en 1963 de type Lurgi et une troisième du même type en 1970. L’usine d’agglomération fut pour un temps considérée comme la plus grosse au monde.

L’agglomération Smidth cesse toute activité en 1974.


Décembre 1996 : démolition du concasseur (Collection mairie de Rombas)

Dans les années 1990, l’usine alimente les hauts fourneaux du site de Rombas et ceux de Hayange.

En 1998, les deux derniers hauts fourneaux de Rombas sont arrêtés.

Fin 2012, les hauts fourneaux de Hayange sont mis sous cocon dans le cadre d’un accord passé entre l’Etat et le groupe sidérurgique Arcelor Mittal. Ils sont alors laissés en l’état dans la perspective de réalisation d’un démonstrateur industriel Ulcos sur un haut fourneau. Arcelor Mittal s’engage à ne pas démonter les installations dans les six ans.

L’usine d’agglomération de Rombas, dont l’activité dépend des hauts fourneaux, est donc à l’arrêt depuis mars 2013.

Vue aérienne de l’usine d’agglomération en 2012

L’ACIÉRIE DE GANDRANGE

L’aciérie de Gandrange fut construite entre 1965 et 1969. Avec une capacité de 4 millions de tonnes d’acier produit par an, elle fut rapidement considérée comme l’une des plus puissantes d’Europe. Elle présentait quatre fours adaptés au traitement des fontes phosphoreuses suivant deux procédés. Le premier dit OLP ou oxygène Lance Poudre (1971), le second dit Kaldo (1969). Chaque four dans sa spécialité étant considéré comme les plus gros du monde. Gandrange comporte également des gros trains à laminoirs d’une capacité de 3,5 millions de tonnes d’acier par an et selon plus de 300 nuances.

Vue aérienne du site de Gandrange au démarrage des travaux en août 1965 (collection mairie Rombas)

Vue aérienne du site de Gandrange en date de juin 1966 (collection mairie Rombas)
Vue aérienne de l’usine de Rombas avec au loin l’aciérie de Gandrange (octobre 1969) (collection mairie Rombas)


L’aciérie de Gandrange alors surnommée la cathédrale d’acier constituait un édifice de 49 000 T d’acier, 430m de long, 150m de large, 80m de haut avec deux cheminées surplombant à 99,5m d’altitude.


Vue de l’aciérie de Gandrange (2012 mairie)Vue aérienne de l’aciérie de Gandrange (2012) (air diasol)

Le train à fil fut modernisé de 1977 à 1979, puis l’aciérie fut dotée de deux coulées continues en 1981 et 1984 avec la rénovation des deux convertisseurs OLP selon le nouveau procédé LBE.

En 1979, les deux fours Kaldo, peu fonctionnels, furent mis en réserve. Le niveau de production de l’aciérie étant ainsi maintenu à 3,4 millions de tonnes d’acier brut traité par an. Elle devient une « aciérie électrique » en 1993, ce qui lui permet d’être épargnée par la crise que connait l’ensemble de la sidérurgie. Plusieurs mutations et changements de groupes vont s’opérer au cours des années.

L’usine Usinor cède l’aciérie en 1999 pour un franc symbolique au groupe Mittal, qui devient en 2006 Arcelor Mittal.

Le groupe Arcelor Mittal annonce en janvier 2008 la fermeture de l’aciérie électrique et du train à billette (TAB) de l’usine. Seuls subsistent le Centre de Recherche et le Laminoir à Couronnes et Barres (LCB).

Les premiers chantiers de démantèlement des équipements industriels qui concernent la rive droite de l’Orne ont commencé en 2001 et sont toujours en cours.
Aciérie de Gandrange en cours de démantèlement (octobre 2016)

L’HISTOIRE DES BÂTIMENTS

BATIMENT DES SYNDICATS

Historique

Originellement, immeuble résidentiel bâti en 1903 destiné au logement de certains cadres de l'administration du domaine minier de l'usine allemande de Rombas. Dans l'entre-deux guerres, le bâtiment abrita divers bureaux d'usine avant de devenir la « Maison des Syndicats » après la Seconde Guerre mondiale.


Maison des Syndicats vue depuis l’intérieur du site (2016) / Maison des Syndicats vue depuis la rue de l’Eglise (2013)

Descriptif

Immeuble quadrangulaire à une élévation. Toiture à deux pans avec petites mansardes. Façade d'honneur à 3 légers avant-corps-pignon aux combles aménagés. Bâti sur caves avec soupiraux. Soubassement à bossages rustiques.

Bâtiment historié par références à plusieurs architecturaux. – Néo-classique: travées articulées en symétrie par trois; fronton triangulaire du pignon central et des petites mansardes. – Néobaroque: (style « national » de la classe moyenne en Allemagne au début du XXè siècle): les deux pignons chantournés des avant-corps latéraux. – Historicisme architectural « allemand » de l'immeuble par emploi de certains matériaux telle la brique ( ici brique de laitier produite comme la tuile à l'usine ) très caractéristique de la période GUILLAUME II (Empereur de 1890 à 1918); par l'élégance de l'architecture en ses rythmes (symétrie des travées, fenêtres géminées des pignons etc); l'animation des couleurs (couleur grise des briques en contraste au rose-rouge des tuiles, jaune (des pierres de Jaumont) de l'encadrement des travées et de la mise en valeur-relief du soubassement etc); par l'iconographie des pinacles-pignons latéraux (marteau et pic du mineur entrecroisés à gauche; chronogramme «1903 » à droite) .

Destination

Devenir la « Maison du Projet ».

BATIMENT ENERGIE

Historique

Bâtiment industriel (début XXè siècle) aux premières fonctions dites « Modelage » (période allemande et entre-deux-guerres), puis « Menuiserie » (après 1945) et pour finir « Bâtiment Énergie », sans doute à partir de la fermeture (1954) de l'ancienne centrale électrique à gaz, au profit du courant venu de la nouvelle centrale de Richemont.

« Modelage », c'est-à-dire moulage, et menuiserie rappelant la réalisation de moules de fonderie, souvent à partir de gabarit de bois où négatif en creux, à « noyauter » par remplissage de sable tassé avant coulée de fonte.


Le bâtiment énergie (septembre 2016) (La chambre)

 

 width=
Bureau énergie 2001 (EPFL) / Vue aérienne du bureau énergie (2012) (air diasol)

Descriptif

Vaste bâtiment (52x26x14m) édifié à partir de 2 halles longitudinales contiguës (ouest-est), mais l'une moitié plus courte (sud). Ossature-pilastres à poteaux-porteurs en béton armé et à remplage de briques grises de laitier. Toit terrasse, initialement à lanterneau. Pignon d'extrémité de chaque halle à deux marches d'escalier. (La plus grande jadis surpassée à l'arrière d'une haute cheminée).

Rajout, 2 ou 3 années plus tard, d'un avant-corps de même longueur que la façade principale ouest et aux 2/3 de sa hauteur. De fait, laissant à peine entrevoir les 3 travées sous pignon de chaque halle. Symétrie de 2 fois 4 ou 5 travées en façade d'honneur dont 2 portes piétonnes au rez de chaussée.

Remarquable rigueur et symétrie de l'ordonnancement architectural de l'ensemble du bâtiment. Un peu à l'image de certaines casernes allemandes messines juste antérieures (casernes rue de Belle Îsle (1862 à 1885) ou rue De Lattre De Tassigny (1890 à 1893). Architecture en effet très personnalisée par son éclectisme et ses multiples références aux principes de la fortification militaire.

En façade principale: poteaux-d’angle à sommet « tours-échauguettes »; fausse balustrade à fenêtres borgnes imitant créneaux et merlons; petits carrés ajourés « niches de tir »; pignon « d'observation et de défense » à tours d'angle et flanquées de bretèches sur mâchicoulis. Avec décor de 4 archères au centre...Pris isolément et ainsi paré d'artifices militaires, chaque pignon (arrière y compris), donnant l'illusion d'un sorte de forteresse en réduction!

Pareille massivité « défensive » en façades latérales au choix résolu du compartimentage. Compartimentage par l'importante corniche à encorbellement et frises géométriques très inventives en briques; compartimentage des poteaux-contreforts et du large bandeau central; compartimentage des 2 fois 10 travées (dont 2 portes piétonnes) à embrasement-ressauts suggérant des « fenêtres de tir ».

Seules atténuations portées aux rigueurs militaires et sévérité du bâtiment de briques, les travées de l'avant-corps en arc de plein cintre. Arc de plein cintre et briques: deux éléments d'emprunt à l'architecture moyenâgeuse si chère à l'Empereur Guillaume II

Destination

Faire de l'ancien « Bâtiment Énergie », un pôle économique d’accompagnement des porteurs de projets.

ATELIER LOCOTRACTEUR

Historique

Avant-propos: fer et civilisation industrielle

Sans le fer, matériau nouveau, la révolution industrielle (fin XVIIIè-XIXè siècle) n'aurait pas été. Maîtrise du fer et architecture industrielle permirent en effet de répondre à la nécessité impérieuse, surtout à considérer l'industrie lourde, de bâtiments- usine tout-à-la-fois plus vastes, aériens (pour accroître la surface utile au sol), et suffisamment éclairés et ventilés. Piliers de fonte, puis poteaux de fer; poteaux-porteurs en béton armés; ossatures et charpentes métalliques aux fermes d'un portée de plus-en plus grande; vitrages muraux ou verrières zénithales etc, confèrerent alors rapidement une monumentalité incroyable aux ouvrages d'art, comme aux constructions industrielles.

Pour preuves, le gigantisme de l'usine sidérurgique complète de Rombas, dont la densité des bâtiments industriels atteignit son paroxysme au temps des Trente Glorieuses.

Un attachement historique affiché par les Portes de l'Orne, en leur décision de réhabiliter à terme deux ensembles proprement industriels parmi les derniers encore existants: les anciens « Ateliers Locotracteur » et « Magasin Général ».


L’atelier central (extrait du livre le monde de l’usine Rombas de Jean Jacques SITEK)


Atelier central dans les années 50 (extrait du livre le monde de l’usine Rombas Jean Jacques SITEK

Bâtiment dans les années 50 (extrait carte postale collection Rombas)

Bâtiment en juillet 1998 (collection mairie de Rombas)

Bâtiment vue aérienne (2012) (air diasol)

Photo de l’intérieur/ du bâtiment (sept 2016) (La Chambre)


Photo de l’extérieur du bâtiment (sept 2016) (La Chambre)

Il présente encore un ensemble de trois halles accolées nord-sud, mais construites à différentes époques et destinations. La première (85x15m) après 1890; la seconde sur le même modèle après 1903. Suite au retour à la France de 1918, les deux halles formant l'« Atelier principal » se voient alors adjoindre perpendiculairement au sud, deux halles de longueurs identiques mais plus étroites.

Toutes deux constituent l'« Atelier de Construction Métallique » et sont secondées d'un bâtiment industriel plus modeste appelé « Magasin Central ».

Enfin, durant les Trente Glorieuses, tandis que la partie sud abrite désormais une « Chaudronnerie », mais toujours accompagnée du petit « Magasin Central » (cette partie sud ne sera pas conservée), une 3ème halle plus moderne et plus large est jointe côté est aux deux plus anciennes. Celles-ci sont alors modernisées pour abriter toutes les trois l'« Atelier Mécanique » avant de devenir « Atelier Locotracteur ». Et ce, jusqu'à la fermeture définitive de l'usine.

Descriptif

Ensemble de 3 halles offrant une superficie utile au sol d'environ 4000m² et remarquable en sa clarté.

Structure constructive sur poteaux-porteurs fer à treillage soutenant la charpente métallique.

À l'intérieur, malgré l'effort de modernisation, axes encore bien visibles des trois halles, par la présence de trois fois deux chemins de roulement sur poteaux des anciens ponts roulant.

Toit des 2 anciennes halles rénovées (naguère à lanterneau) en combinaison assemblage d'éléments métalliques linéaires (poutres, poutrelles etc). Toit à shed unique soutenu par fermes métalliques pour la halle la plus récente.

Importants vitrages muraux et verrières zénithales des 3 halles, en bandes longitudinales pour les 2 plus anciennes. Une ancienneté d'ailleurs démontrée au nord par conservation de leurs murs-façades à ossatures d'origine. Vu de l'extérieur; chaque mur identique sur plan assise à 3 segments octogonaux, à ossatures-pilastres (piliers-porteurs), et maçonnerie- remplage en briques de laitier. Briques utilisées de surcroît, au jeu de fort belles frises géométriques (corniches, arcs de plein cintre des baies), et dans l'animation d'un décor -comme pour le bâtiment « Énergie »- aux références venues tout droit du vocabulaire de la fortification militaire.

Destination

Une étude de vocation est actuellement en cours

MAGASIN GÉNÉRAL

 

Historique

Un bâtiment dit « Central » massif et haut, flanqué de deux immenses halles. C'est ainsi qu'apparaît toujours cet ensemble industriel étonnant qui fut «Magasin Général » en sa dernière affectation. Peut-être la moins intéressante! Tant la richesse de son histoire est à elle seule l'une les plus belles démonstrations de l'avènement de la seconde révolution industrielle en général, et de l'évolution de l'usine de Rombas en particulier.

Une histoire dont la genèse fut la construction en 1900-1901, presque au pied de la ligne des hauts fourneaux, d'une halle remarquable en ses dimensions (160 de longueur!) et prouesses techniques. Et avec une tour au-devant! Une tour carrée, de style « néo-médiéval » très en phase avec l'historicisme architectural de l'époque.

Mais pourquoi une mise en valeur aussi excessive? Eh bien, pour signaler l'installation d'une usine au service d'une nouvelle technologie de pointe: l'utilisation de moteurs à gaz en remplacement des bonnes vieilles machines à vapeur! Moins puissantes, moins pratiques d'emploi, en mot moins efficaces. Une usine utilisant, après stockage en gazomètres, du gaz épuré en provenance des hauts fourneaux, au lieu de son échappement dans la nature. En retour, une énergie-gaz largement plus performante au chauffage des cowpers, au fonctionnement général des hauts fourneaux (dont le dernier, le n° 7, mis à feu en janvier 1902) ; à l'actionnement de diverses installations, et même source d'un nouveau mode d'éclairage (par ailleurs, adopté aussitôt par la ville de Rombas).

Oui, mais voilà! À peine construite, l'usine à gaz parut soudain dépassée...faute à l'énergie électrique! Une énergie rivale pourtant déjà bien connue, mais dorénavant productible sur place, à partir de la transformation du gaz en courant par moteurs-alternateurs à gaz.

Que fallait-il faire?...Rester à la pointe de la modernité emporta la décision!

Qui plus est, la reprise de l'économie européenne dès 1902, les avantages énormes de l'électricité, rapportés en particulier à l'usine de Rombas (facilité de transport, éclairage; fonctionnement des hauts fourneaux en constante modernisation; fonctionnement de la nouvelle aciérie Martin créée en 1902; des laminoirs; d'innombrables machines à moteurs électrique; progrès décisifs dans l'exploitation minière etc)...commandèrent la construction immédiate d'une « centrale à gaz ».En prolongement de l'usine à gaz, dont certaines fonctions furent cependant maintenues.

L'installation de la centrale à gaz débuta dès 1903, par l'édification en perpendiculaire à la grande halle et sa tour au-devant, d'un bâtiment et d'une nouvelle halle. Un bâtiment quadrangulaire peu large mais long, imposant, et flanqué côté ouest d'un halle, très vite agrandie pour atteindre avant 1914, une longueur d'environ 100 m. Et leur faisant face et à leur service, plusieurs énormes gazomètres.

La « Centrale à gaz » de l'usine de Rombas fonctionna de 1904 au moins jusqu'en 1954, date du démarrage de la « Centrale électrique thermique » de Richemont. Laquelle, mais par tranches successives, atteignit son plein rendement en 1960.

Déclassée, l'ancienne « Centrale à gaz » devint alors « Magasin Général ». Quant à la « tour néo-médiévale », devenue un inutile symbole, elle fut abattue à la fin des années 1950.

 

Descriptif

- De l'imaginaire allemand.



Vue aérienne du bâtiment (2012) (air diasol)

Intérieur du bâtiment (sept 2016) (La Chambre)


Le bâtiment en juillet 1998 (collection mairie de Rombas)

Impressionnant ! Voilà comment se dresse fièrement l'imposant « Bâtiment Central » nanti de ses deux immenses ailes. Presque une forteresse ceinte de murailles et aux entrées verrouillées de deux puissants donjons-porches. Et dont pour un peu se verrait encore herses et ponts-levis!

Côté nord, un donjon tout-à-la-fois haut de plus de 30 m; massif en ses énormes piliers d'angle...devenus de véritables contreforts en porte forte arrière; sévère en son architecture médiévale et militaire avec ses ouvertures défensives; austère en son parement de briques grises; rigoriste par la monumentale figuration d'une croix en tau dite de saint Antoine sur sa face.

Pareilles impression ressentie au regard des façades-murailles des extensions latérales. Et notamment de la plus grande vue au levant. Forte et arrogante en ses hauts murs à séquencespiliers; son bandeau à encorbellement de briques-mâchicoulis; sa rangée inaccessible de baies romanes en plein cintre; son toit à deux pans difficilement repérable.

Au visiteur, le rêve éveillé d'une forteresse sortie tout droit du Moyen Âge. Le château féodal d' landgrave de haute noblesse, ou tenu par quelques redoutables chevaliers moines-soldats de l'Ordre teutonique ! Une usine, en réalité !

- ...au retour à la réalité

Monumentalité remarquable de l'ancien« Magasin Général » ou ensemble d'un bâtiment central à 2 halles latérales immenses.

Long « Bâtiment Central » (35x10x30 m) en piliers-porteurs béton armé à remplage briques laitier. Façade principale à 2 élévations de 2 grandes baies droites; frontons triangulaires; larges porches en plein cintre. Murs latéraux à ossature-fer garnis de briques; rangée de baies presque sous toit; toiture à 2 pans (naguère à 2 lanterneaux) soutenu par fermes métallique rivetées. Halle est (conservée) à piliers-porteurs béton et remplage briques-laitier. Rangée unique de baies en plein cintre sous toit. Intérieur sombre, fermes à structures métalliques légères toiture à couverture plaques-tôle

Destination

Une étude de vocation est actuellement en cours